THE
BEAUTIFUL DAZE
“City
Jungle
Pt. 1” *****
“City Jungle Pt. 2” *****
Ne cherchez plus le disque
psychédélique ultime — le voici !
Originaires du
Nord-Ouest des États-Unis, The
Beautiful Daze gravent leur
unique 45 tours en 1967. Les
données au sujet de cette galette et de ses
différents
pressages sont assez confus. L’existence de
l'édition sur
RPR,
un label d'Hollywood, est certaine ; vous pouvez d'ailleurs y jeter un
coup d'œil ci-dessus. Celle de l'édition sur
Spread City
semble
également attestée, puisque c'est celle-ci qui a
été employée pour la compilation Acid Trip From The
Psychedelic Sixties.
Le mixage du freak-out instrumental de la face B est d'ailleurs
différent, comme je le détaillerai plus bas.
Néanmoins, j'ignore laquelle vient en premier. La version
sur
Spread City paraît plus cohérente — si
j'ose dire
— ou
plus aboutie, mais cela ne signifie pas qu'elle soit
postérieure
à celle sur RPR qui peut paraître, au choix, plus
brute ou
plus excessive. Enfin, histoire de compliquer un peu plus les choses,
Vernon Joynson évoque une possible sortie sur Alpha, dont
les
caractéristiques autres que le numéro de
catalogue (618)
sont sujettes à spéculations. Ce serait
intéressant si cette édition
éventuelle
présentait un troisième
mix de la face B — ou un remix de la face A, sait-on jamais
avec
de
pareils fêlés !
“City Jungle Part 1”
suffirait à
lui seul
à inscrire ce 45 tours au Panthéon des
chefs-d'œuvres du
garage psychédélique. J'ai longtemps
trouvé
surprenant qu'un tel morceau ait pu être
enregistré aussi
tôt que 1967. Après un démarrage bille
en
tête avec tous les instruments sur un coup de fuzz
à vous
clouer par terre, le chant fait très vite son
entrée,
soutenu des chœurs, le tout dans une immense
réverbe.
Chaque
interruption du chanteur est l’occasion pour le guitariste de
placer
des riffs incendiaires, et il se fend d'un solo tout à la
fois
mélodique et ravageur capable d'emporter loin dans la
musique
celui qui sait écouter.
“City Jungle Part
2”, suite de la face
A, constitue
le fin du fin en matière d'instrumental
psychédélique. La version sur Spread City
commence par un
passage d'une cinquantaine de secondes analogue au solo de la
première partie, puis elle se brise sur un break brouillon
de
quatre mesures à l’issue duquel une guitare
endiablée
relance le tout pour deux minutes quarante de bonheur. Plusieurs pistes
de guitare débordant d'effets divers et variés
allant de
la fuzz et du flanger au coup de pied dans la réverbe
à
ressort de l'ampli !
Un tel two-sided classique ne pouvait
que
séduire les compilateurs. Par exemple, on trouve les deux
parties de la version Spread City, sur Acid Trip From The
Psychedelic Sixties
et sur Acid
Trip & Heavy Music
For Psychic Minds, sa
réédition CD
augmentée de quelques titres.
Par contre, nul n'a, à ma
connaissance,
relevé le défi de reprendre “City
Jungle”.