Mots
Tes
mâchoires de bois ont serré tant de gorges
Ton couperet
luisant en a tranché autant
dans des gerbes de sang
Tandis qu'autour de toi la foule rassemblée
Buvait mangeait riait au lever du soleil
du dernier jour d'un homme
Madame la guillotine partie de nos racines
Veuve du petit matin tu ne dresseras plus
ton estrade de bois
Madame la guillotine on t'a condamnée
Reléguée au musée des horreurs
passées
dans un recoin obscur
Foule avide de sang chemise découpée
Condamné ligoté la planche qui bascule
avec un grincement
Le bourreau fait son œuvre un vague splash humide
Une tête roule dans l'osier ses lèvres tremblent
encore
ses lèvres tremblent encore
ses lèvres tremblent encore
© 1984, Roland C.
Wagner